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Sept fois huit… cinquante-six ? Cinquante-quatre ? Pour beaucoup d’enfants, les tables de multiplication ressemblent à une montagne de cent résultats à apprendre par cœur. La bonne nouvelle, c’est que cette montagne est beaucoup plus petite qu’elle n’en a l’air. En comprenant ce que veut dire multiplier, puis en utilisant quelques astuces, il ne reste qu’une poignée de résultats à mémoriser vraiment. Voici une méthode progressive, des jeux de cartes et un petit quiz pour s’entraîner quelques minutes par jour.
Quand apprend-on les tables à l’école ?
Le programme de mathématiques du cycle 2, en vigueur depuis la rentrée 2025, précise que l’apprentissage des tables de multiplication s’étale sur toute l’année de CE1, de façon progressive. Les premiers résultats connus servent d’appui pour en construire d’autres. La mémorisation peut encore être imparfaite en fin de CE1 : elle est renforcée au CE2.
L’objectif est de connaître les tables « dans les deux sens ». Il ne s’agit pas seulement de répondre à 9 × 6, mais aussi de retrouver le nombre manquant dans 7 × … = 42. En fin de CE2, un élève doit pouvoir compléter une douzaine d’égalités de ce type en une minute. Si votre enfant de CE1 hésite encore, pas d’inquiétude : le temps fait partie de l’apprentissage.
Comprendre avant de réciter
Réciter « trois fois quatre douze » sans savoir ce que cela représente, c’est fragile : au premier trou de mémoire, l’enfant n’a aucun moyen de retrouver le résultat. Commencez donc par montrer ce qu’est une multiplication. Avec des haricots secs, des jetons ou des briques de construction, demandez-lui de fabriquer « 3 rangées de 4 ». Il compte, il voit 12. Faites ensuite tourner le rectangle : ce sont maintenant 4 rangées de 3, et toujours 12.
Cette découverte change tout : chaque résultat appris compte double. Proposez aussi des situations du quotidien : « Il y a 4 assiettes et 3 gâteaux par assiette, combien de gâteaux ? » Pour prolonger ce travail sur les nombres, les idées de notre article sur le calcul mental en jouant fonctionnent très bien en parallèle.
Le vrai nombre de résultats à retenir
Une grille de 1 à 10 contient 100 multiplications. Mais en utilisant ce que l’enfant sait déjà, le nombre de résultats à mémoriser fond très vite. Le graphique ci-dessous suit ce calcul étape par étape : il est exact et vous pouvez le vérifier sur une grille.
Source : calcul réalisé par Hepaly sur la grille de multiplication de 1 à 10
Voir les données du graphique
| Ce que l'enfant sait déjà | Résultats restants | Détail |
|---|---|---|
| Toute la grille (1 à 10) | 100 | point de départ |
| 3 × 4 = 4 × 3 | 55 | chaque résultat compte double |
| + tables de 1 et de 10 | 36 | les plus faciles |
| + tables de 2 et de 5 | 21 | doubles et moitiés |
| + table de 9 (doigts) | 15 | astuce des doigts |
| + carrés (3 × 3… 8 × 8) | 10 | à retenir comme des « jumeaux » |
| + ×4 = double du double | 6 | il reste 6 résultats |
Les six derniers résultats sont 3 × 6 = 18, 3 × 7 = 21, 3 × 8 = 24, 6 × 7 = 42, 6 × 8 = 48 et 7 × 8 = 56. Ce sont eux qui méritent un entraînement particulier.
Les astuces, table par table
Les tables de 1 et de 10
Multiplier par 1 ne change rien, multiplier par 10 ajoute un zéro à droite d’un nombre entier : 10 × 7 = 70. Ces deux tables se comprennent en quelques minutes et donnent confiance.
La table de 2 : les doubles
Deux fois un nombre, c’est son double. Les enfants connaissent souvent déjà les doubles grâce aux dés ou aux doigts : 6 + 6 = 12, donc 2 × 6 = 12.
La table de 5 : la moitié de 10
Cinq fois un nombre, c’est la moitié de dix fois ce nombre : 5 × 8 = la moitié de 80, soit 40. Autre repère utile : la grande aiguille d’une horloge avance de 5 minutes à chaque chiffre, ce qui relie la table de 5 à la lecture de l’heure.
La table de 9 : les doigts
Posez les dix doigts à plat. Pour 9 × 4, baissez le quatrième doigt en partant de la gauche : il reste 3 doigts avant (3 dizaines) et 6 doigts après (6 unités), soit 36. L’astuce fonctionne de 9 × 1 à 9 × 10. Pour les plus grands, une autre stratégie consiste à calculer 10 fois le nombre, puis à retirer une fois ce nombre : 9 × 7 = 70 − 7 = 63.
La table de 4 : le double du double
Pour 4 × 7, on double 7 (14), puis on double encore (28). Cette astuce s’appuie sur la table de 2 que l’enfant connaît déjà.
Les carrés et les six derniers
Les carrés (3 × 3, 4 × 4… jusqu’à 8 × 8) se retiennent bien comme des « jumeaux ». Pour les six résultats restants, apprenez à votre enfant à les reconstruire à partir d’un résultat connu : 6 × 7, c’est 5 × 7 + 7, donc 35 + 7 = 42 ; 7 × 8, c’est 7 × 7 + 7, donc 49 + 7 = 56. La petite comptine « 5, 6, 7, 8 : 56 = 7 × 8 » aide aussi beaucoup d’enfants.
Réviser en boîtes pour ne pas tout revoir
Revoir chaque soir toute la table de 7 fatigue et n’aide pas à cibler les vraies difficultés. Préférez la méthode des boîtes : écrivez chaque multiplication difficile sur une petite carte, avec le résultat au dos. Les cartes de la boîte 1 se révisent tous les jours, celles de la boîte 2 tous les trois jours, celles de la boîte 3 une fois par semaine. Une bonne réponse fait avancer la carte d’une boîte ; une erreur la ramène en boîte 1, sans drame.

Ce principe de révision espacée évite de passer du temps sur ce qui est déjà acquis. Au bout de quelques semaines, la boîte 1 se vide et votre enfant voit concrètement ses progrès.
Des jeux pour s’entraîner sans fiche
Les tables se consolident bien en jouant, à condition de garder les parties courtes. Voici quelques idées testées en famille :
- La bataille des multiplications : chaque joueur retourne deux cartes et les multiplie ; le plus grand produit remporte les cartes. Retirez les figures au début.
- Qui suis-je ? : « Je suis 42, qui suis-je ? » L’enfant répond 6 × 7 ou 7 × 6. C’est l’entraînement « dans les deux sens » demandé par l’école.
- Le dé des tables : on choisit une table, on lance un dé, on multiplie. Avec deux dés, on peut aller jusqu’à 6 × 6.
- Les marches : à chaque marche de l’escalier, on dit le résultat suivant de la table de 3.


Pour un entraînement rapide à l’écran, le petit quiz ci-dessous tire des multiplications au hasard dans les tables choisies. Il ne remplace pas les jeux à la table, mais il permet de vérifier où en est votre enfant.
Garder le plaisir en route
Évitez de comparer votre enfant à un frère, une sœur ou un camarade. Si vous utilisez un chronomètre, que ce soit pour battre son propre record, jamais pour le mettre en échec. Quand il trouve un résultat, demandez-lui parfois comment il a fait : « Tu l’as reconstruit à partir de 5 × 7 ? Bravo pour l’astuce. » Valoriser la stratégie donne envie de chercher plutôt que de deviner.
Enfin, choisissez le bon moment : pas juste après une longue journée ou pendant un moment de tension. Nos repères pour aider aux devoirs sans faire à sa place s’appliquent aussi aux tables.
Questions fréquentes
À quel âge apprend-on les tables de multiplication ?
En France, leur apprentissage commence en CE1, vers 7 ans, et se poursuit en CE2, où la mémorisation est consolidée. Les élèves continuent ensuite à les utiliser et à les automatiser.
Faut-il apprendre les tables dans l’ordre de 1 à 10 ?
Ce n’est pas obligatoire. Beaucoup d’enseignants commencent par les tables de 2, 5 et 10, plus faciles, puis 4, 3 et 9. Suivez de préférence la progression de la classe pour ne pas brouiller les repères.
Mon enfant confond toujours 7 × 8 et 6 × 8, que faire ?
Placez ces deux cartes dans la boîte à réviser chaque jour et apprenez-lui à reconstruire le résultat : 7 × 8 = 7 × 7 + 7 = 56. La formule « 5, 6, 7, 8 : 56 = 7 × 8 » aide aussi à fixer ce résultat.
Combien de temps faut-il réviser chaque jour ?
Cinq à dix minutes suffisent, idéalement à un moment calme. Mieux vaut arrêter pendant que c’est encore agréable que prolonger une séance qui tourne à la corvée.
Pour aller plus loin
Feuilleter avant de choisir
Grands Curieux · 7–10 ans
Pour les enfants qui commencent à lire des consignes seuls et aiment jouer avec les mots, les nombres et les énigmes. Un adulte peut aider à la lecture.
