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« Où est l’autre pomme ? Je suis sûr qu’elle était là ! » Les jeux de mémoire font partie des jeux préférés des enfants, qui battent d’ailleurs parfois les adultes au jeu des paires. La mémoire n’est pas une boîte unique : retenir une consigne, se souvenir de ses vacances, connaître les jours de la semaine et savoir faire du vélo mobilisent des mémoires différentes. Toutes s’entraînent en jouant. Voici les grandes mémoires expliquées simplement, un jeu des paires interactif, neuf autres jeux sans matériel et les astuces qui aident vraiment à retenir.
Plusieurs mémoires, pas une seule
L’Inserm décrit plusieurs systèmes de mémoire qui travaillent ensemble. La mémoire de travail est la mémoire du présent : elle permet de garder et de manipuler des informations le temps d’une tâche, comme retenir une consigne ou un résultat intermédiaire. La mémoire épisodique garde les souvenirs vécus, situés dans le temps et l’espace. La mémoire sémantique stocke les connaissances sur le monde et le sens des mots. La mémoire procédurale est celle des automatismes : faire du vélo, lacer ses chaussures. S’y ajoute une mémoire perceptive, qui s’appuie sur nos sens.
Les jeux de ce guide sollicitent surtout la mémoire de travail et la mémoire visuelle, très utiles à l’école : suivre une consigne en plusieurs étapes, retenir l’orthographe d’un mot, garder un résultat en tête pendant un calcul.
Le jeu des paires de Milo
C’est le grand classique : des cartes faces cachées, on en retourne deux à chaque tour, et on garde les paires trouvées. Pour réussir, il faut retenir l’emplacement des images déjà vues. Commencez avec peu de paires pour les plus jeunes et augmentez progressivement.
À la maison, un jeu de paires se fabrique en quelques minutes : deux exemplaires de chaque image, collés sur des cartons identiques. Les enfants adorent dessiner eux-mêmes leurs cartes.
Neuf autres jeux de mémoire
Le jeu de Kim
Posez six à dix petits objets sur un plateau, laissez votre enfant les observer une minute, puis couvrez-les d’un torchon. Combien peut-il en citer ? Variante : retirez un objet en cachette et demandez lequel manque.
Je pars en voyage et j’emporte…
Chacun répète la liste des objets déjà cités et en ajoute un. Qui tiendra le plus longtemps ? Un jeu parfait pour la voiture.
Qu’est-ce qui a changé ?
Votre enfant observe une pièce, sort, vous déplacez un objet ; à son retour, il doit trouver le changement.
Le chef d’orchestre
Tapez un rythme dans les mains ; votre enfant le reproduit. Puis allongez-le d’un coup. Les rythmes entraînent la mémoire auditive.
Les consignes en cascade
« Va chercher un livre, puis pose-le sur le canapé, puis reviens en sautant. » Commencez par deux étapes et ajoutez-en une à chaque réussite.
Jacques a dit, version séquence
On enchaîne plusieurs gestes que l’enfant doit reproduire dans l’ordre : lever les bras, tourner, s’asseoir.
Raconter sa journée à l’envers
Le soir, on raconte sa journée en commençant par la fin. Un vrai défi pour la mémoire des souvenirs.
Les comptines et les poésies
Apprendre une comptine ou une courte poésie entraîne la mémoire des mots et du rythme. L’école maternelle y accorde d’ailleurs une grande place.
Le portrait de mémoire
On regarde une image quelques secondes, puis on la cache et on la décrit : couleurs, personnages, détails.

Les astuces qui aident vraiment à retenir
Au-delà de l’entraînement, la mémoire progresse beaucoup quand l’enfant découvre des stratégies. Montrez-lui-en quelques-unes en jouant :
- Regrouper : pour retenir « pomme, voiture, banane, camion », on range les fruits ensemble et les véhicules ensemble.
- Se faire une image : on imagine une banane qui conduit un camion. Plus l’image est drôle, mieux elle reste.
- Répéter à voix haute : la mémoire de travail garde mieux une information qu’on se répète.
- Raconter une histoire : relier les éléments entre eux par une petite histoire les rend plus faciles à retrouver.
Ces astuces servent ensuite partout : pour les mots de la dictée, les tables de multiplication ou les poésies. Nos articles sur les tables de multiplication et le calcul mental les réutilisent.

Le sommeil, allié de la mémoire
Les chercheurs de l’Inserm le rappellent : dormir améliore la mémorisation, alors que le manque de sommeil perturbe la mémoire et les apprentissages. C’est pendant la nuit que le cerveau consolide une partie de ce qu’il a appris dans la journée. Revoir une poésie juste avant de dormir, puis le lendemain matin, est une astuce efficace. Pour vérifier que votre enfant dort suffisamment, notre article combien d’heures de sommeil pour un enfant propose des repères et un calculateur.
Questions fréquentes
À quel âge peut-on jouer au jeu des paires ?
Dès 3 ans avec quatre à six paires d’images très différentes. On augmente ensuite le nombre de cartes et on choisit des images plus proches à mesure que l’enfant progresse.
Mon enfant oublie toujours les consignes, que faire ?
Donnez une consigne à la fois, courte, en vous assurant qu’il vous regarde. Demandez-lui de la reformuler. Les jeux de consignes en cascade entraînent justement cette capacité.
Les applications de jeux de mémoire sont-elles utiles ?
Elles peuvent amuser, mais leurs effets se limitent souvent au jeu lui-même. Les jeux de mémoire en famille, qui mêlent conversation, mouvement et plaisir partagé, restent plus riches.
Un enfant peut-il avoir une meilleure mémoire que ses parents au jeu des paires ?
Oui, cela arrive, et les enfants en sont très fiers. Profitez-en pour valoriser leurs stratégies : « Comment as-tu retenu où était la pomme ? »
Pour aller plus loin
Feuilleter avant de choisir
Petits Explorateurs · 4–6 ans
Pour les enfants de maternelle et de début de primaire qui découvrent les formes, les nombres et le plaisir de tracer. Un adulte lit les consignes.
